Mis de côté…

J’étais tranquille dans le bureau. Je vois un anesthésiste passer et je lui demande des nouvelles d’un patient. Un patient pris en charge récemment pour une ECMO (assistance pour soulager le cœur). Il ne voit pas de qui je parle.

« Tu sais M. Machin qu’on a pris en charge la semaine dernière. »

« Monsieur machin, c’est le jeune qu’on a pris en charge il y a plus d’un mois. Il est mort lui. »

« Ah oui je me trompe! »

 Je retrouve le nom. Je lui donne. Il va bien.

 Je me retrouve seule avec une collègue qui me dit. 

« Il t’a marqué lui. »

« Qui? »

« Le jeune. »

« Non pas du tout. C’est sur c’est perturbant, j’ai cru pendant 2 sec que c’était un proche.Mais franchement .. ça va. »

« Moi j’ai l’impression quand même que ça fait un mois que tu es plus « rentre dedans » avec tout le monde, non? Ça se trouve il y a un lien. »

« Rentre dedans?

« La cadre, tu l’as loupe pas, et l’anesth. , il a pris cher la semaine dernière. Meme les chir disent que tu leur tiens tete depuis quelques temps. »

….

« Je dis pas que c’est ça, mais c’est bizarre que tu ressortes un nom d’il y a un mois mais pas de celui de la semaine dernière. »

Je suis face mon écran à tenter de passer des commandes et j’éclate en sanglots.

Je réalise qu’en fait ce patient je l’ai en boucle. Son nom me revient régulièrement. Sur toutes les poses d’ECMO que j’ai pu faire depuis fevrier j’angoisse à l’idée d’avoir un proche. On a eu un jeune ado récemment et j’ai eu peur que ce soit le fils d’une amie. 

Depuis ce patient, j’ai des angoisses d’avoir mes fils à prendre à charge.

Je me fais le film de ce que je devrais faire si ça m’arrivait.

Depuis ce patient, j’ai des angoisses pour mes proches quand ils prennent la route, vont faire du ski ou du vélo. Je suis en stress.

J’ai été penible avec mes collègues, avec certains amis, avec ma mère quand elle est venue chez moi pour m’aider, avec mon amoureux qui a en a eu marre, avec mon ex pour des broutilles, avec mes enfants au moindre bruit.

Alors je suis dans le bureau à pleurer, moi qui avait tenu toute la journée avec une certaine tristesse. Ma collègue me prend dans ses bras pour me réconforter et me dit qu’il est temps d’y aller et de rentrer chez moi et d’essayer de me changer les idées.

J’ai des collègues en or.

Alors je suis sortie plus tot,  j’ai récupéré mes enfants qui se sont jetés dans mes bras.

J’ai des enfants en or.

J’ai appelé des amis pour qu’on sorte se changer les idées.

J’ai des amis en or.

Je reçois un textos d’une voisine qui me propose d’inviter les enfants dimanche. Elle me glisse qu’elle m’a vu pleurer en rentrant hier et qu’elle me dit de profiter de mon dimanche aprèm.

J’ai des voisins en or.

Demain, je passe acheter un vélo pour mon petit et une trottinette pour le grand.

Avec mes astreintes, j’ai une carte en or.

Il va falloir que je fasse une petit analyse de situation sur ce patient avec des amis. Vous savez, ceux qui sont en or.

Il faut que je sois attentive à ces petits signes qui me montraient que ça n’allait pas et que je ne les mette plus de côté !

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Et si c’était ton père?

On a souvent l’art de nous faire culpabiliser de refuser des heures supplémentaires.

Mardi dernier, 7 mars, on a fait rentrer un patient au bloc opératoire dans une salle sensée être fermée.

On ne prévient pas les infirmières de manière à ce qu’elles ne puissent pas refuser d’ouvrir la salle. Il est 16h. Les infirmières sur place doivent partir à 17h, le patient rentre pour une intervention qui dure au bas mot 2h. En faisant rentrer ce patient, ils savent que cela nous imposera des heures supplémentaires. Ils savent parfaitement qu’on sortira le patient à 18h et si on rajoute le temps de nettoyage et remonter la salle, on partira à 18h30.

Ils savent. C’est pour ça qu’ils ont poussé le patient sans nous prévenir en amont.

Ils doivent savoir mais l’occultent, que derrière, on sera très en retard pour récupérer nos enfants, qu’ils nous enlèvent du temps auprès de notre famille, qu’ils nous envoient du mépris dans la gueule.

Alors pour ne pas qu’on l’ouvre, on a régulièrement le droit à : « Mais si c’était ton père??? Tu ne voudrais qu’il soit pris en charge? »

Je vous passe le couplet sur notre société patriarcale dans laquelle il faut sauver le père à la vieille de la journée internationale des droits de la femme. Ça ne sera pas le sujet du jour.

Et si c’était mon père ?

Si c’était mon père, je ne voudrais pas qu’il soit poussé en salle opératoire alors qu’aucune urgence vitale est en jeu. Simplement parce qu’on se dit qu’il y a deux infirmières qui ne sont pas en salle, alors on va les occuper. Quand on n’est pas en salle, on fait des commandes, on surveille les péremptions etc…

Si c’était mon père, je souhaiterais qu’il y ait le matériel adéquat et que les équipes ne soient pas obligées de courir après le matériel ou en train de faire du bricolage comme c’est trop souvent le cas.

Si c’était mon père, je souhaiterais que les salles opératoires soient en état correct de fonctionnement et pas avec des portes qui ne se ferment plus, un auge de lavage défectueuse, etc…

Si c’était mon père, je souhaiterais que ceux qui le soignent soient en état de le faire et pas épuisés par des semaines à rallonge.

Si c’était mon père, je souhaiterais qu’il arrive dans une situation apaisée et pas dans une équipe où les tensions sont telles que les équipes d’anesthésie et chirurgicale ne s’adressent à peine la parole.

Si c’était mon père, je ne voudrais pas qu’il soit transporté en salle par un brancardier endolori par des journées impossibles et du matériel inadapté.

Si c’était mon père, je voudrais qu’après son intervention il y ait le nombre suffisant d’infirmières pour sa surveillance.

Si c’était mon père, je voudrais qu’il y ait un centre de réadaptation proche de son domicile et de sa femme.

Si c’était mon père….

Maintenant, puisque la vie du père est importante, qu’en est il de l’avis des pères des infirmières qui se sont suicidé?

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Passer commande

Pour une raison que j’ignore, lors de la réorganisation de l’équipe, j’ai accepté de prendre en charge les commandes pour la rythmologie.

Je n’y suis pas souvent mais j’y suis à l’aise. J’aime bien les poses de Pace maker ou défibrillateur.

Je n’y ferais pas un temps complet mais j’apprécie d’y aller de temps en temps. Comme je connais bien le matériel, je m’occupe des commandes.

Je pensais que ça allait être rigolo de m’occuper de faire des commandes. Un peu comme quand je fais mes soldes par internet mais au lieu d’acheter des chaussures, j’achète des desilets et autres  introducteur.

Sauf que j’ai découvert le monde de la pharmacie et ces règles de commandes.

Première commande, la moitié est refusée.

Je découvre qu’une partie du matériel ne se commande que la première semaine de chaque mois.

« Ok je commanderai le mois prochain. »

« Ah non, le mois prochain nous seront en décembre, les commandes acceptées seront seulement les commandes pour les urgences. »

Là, je découvre que mon CHU annule les commande de décembre afin de boucler l’annee. L’astuce étant de doubler la commande en novembre…

Donc les palettes de défibrillateur ne se commandent que la 1ère semaine de chaque mois de janvier à novembre.

« Ok on dira qu’on a pas besoin de palette de défibrillateurs alors! »

J’imagine la scène:

« On choque à 200 joules. »

« Euh… c’est à dire qu’on a pas mis les palettes car c’était pas urgent selon la pharmacie. »

Alors comme les desilets sont dans la même catégorie de commande que les palettes, j’en commande 100 direct de chaque taille.

« Ah non, les desilets vous êtes limités à une certaine quantité. »

« Mais je croyais que je ne pouvais les commander que la première semaine de chaque mois sauf décembre? Du coup faut que je commande mon stock pour le mois. »

« Non, pour les desilets, vous avez une dérogation. Vous pouvez commander quand vous voulez. »

Alors je me suis mise à commander quand je voulais…

« Ah non. Par contre vous ne pouvez pas commander dans la meme semaine. »

« Mais il y a eu une augmentation du nombre d’operation et on a écoulé notre stock. En plus, les cardiologues utilisent quasiment que la même taille, j’ai plus rien! »

« Tant pis, il fallait prévoir cette augmentation ! »

Le mois suivant:

« 30 flacons de naropeïne, 30 de xylocaïne et 30 de produits de contraste »

« Alors je vous livre la xylo et la naro mais pas le produit de contraste. »

« Mais pourquoi? »

« Le produit de contraste, c’est seulement du 1er au 15. »

« Mais pourquoi???? »

Parce que ….ah et le mois suivant, je ne suis pas livrée avec le bon produit de contraste.

« Mais pourquoi??!!!!! »

« Parce qu’on a que ça ! »

Les cardiologues ne veulent pas entendre parler de ce produit de contraste!!!

« Bonjour, je vous appelle car je n’ai pas été livrée en ligature. »(ligature: fil et aiguilles)

« Oui c’est normal. On fait un changement de marché donc vous ne serez livrés que dans deux mois avec les nouveaux fils. »

« Mais comment on referme le patient, accessoirement? »

« Alors ce fil, ils l’ont en ORL et ortho. Vous pouvez aller vous faire dépanner là-bas. »

En ORL: « si tu prends nos ligatures, comment on referme, nous? »

Je vous passe les bizarreries que si on commande le vendredi certains produits, on est livré le mardi mais que si on les commande le lundi matin à 6h, on est livré dans l’après-midi.
Bref, ce matin, j’ai fait une commande. J’ai fait dans les bonnes dates pour ce que je souhaite, s’il n’y a pas de rupture de stock, de changement de règles de commande, si la pharmacienne est de bonne humeur, si la logistique ne se trompe pas de bloc, si Pluton est aligné avec Saturne alors je devrais être livrée prochainement de matériel me permettant à quelques patients d’être opérés en sécurité.

Mais-si-la-reine-et-le-roi-ne-le veulent-pas…..

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L’accueil

Accueil de la première patiente en rythmologie:
– « Bonjour madame, je suis Des Idées d’IDE, infirmière de bloc opératoire. Comment vous appelez vous? »

– « COMMENT ? »

– « COMMENT VOUS VOUS APPELEZ VOUS? »

-« HEIN? »

Après lui avoir hurler dans les oreilles pendant 5 minutes pour contrôler l’identité, elle me donne son nom, prénom et date de naissance.
Elle est née en 1925, vous comprenez.

Deuxième question: l’objet de la visite.

Réponse attendue: « Je viens pour la pose d’un pacemaker. »

Réponse obtenue: « Alors, je viens parce que j’ai toujours eu des problèmes cardiaques. J’ai eu mon premier malaise il y a 15ans et j’étais inquiète … bla bla bla »

« Mais qu’est ce qu’on va faire se matin comme intervention?

« … et au mariage de mon petit fils il y a 3 ans, un très beau mariage vous savez, c’était à Nantua. Une très jolie mariée. Et bien j’ai refait un malaise… »

« D’accord mais vous comprenez pour quelle intervention vous venez? »

« Un jour, à pharmacie de la rue Lenoir, j’ai rencontré le Dr Delacroix qui m’a dit que je ne devais pas avoir peur de la mort et de m’allonger et de patienter que ça passe. C’est ensuite le pharmacien qui m’a dit que je devais voir le DR Four et qui m’a dit que je devais venir à l’hôpital.

« Ok ok… vous venez bien pour la pose d’un pacemaker? »

« Oui, tout à fait. »

J’ai ma réponse!!! J’ai mis 15 min, mais je l’ai.
Reste à savoir si elle est bien a jeun, qu’elle n’a pas de matériel métallique dans le corps, pas de prothèse dentaire, pas d’allergie et qu’elle a bien fait ses toilettes à la betadine.

On va avoir un peu de retard sur le programme opératoire…

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Et si je revenais à l’écriture??

Plus d’un an que je suis infirmière, que je suis en poste… et rien… Pas un seul billet!

Pourquoi ce silence?

-Parce que je suis débordée dans ma vie. 

Je cours dans tous les sens. Soit je commence tot le matin, soit je termine tard le soir. Parfois, je travaille la nuit. 

Maman et infirmière, vous voyez ce que je veux dire? Enchaîner des horaires compliqués, un rythme acharné la journée et je cours le soir pour récupérer les petits et ma deuxième vie commence: bain, devoirs, repas, coucher, s’occuper de la maison.

-parce-que j’ai déménagé et que j’ai décidé de m’occuper de ma maison.

Il a fallu trouver la maison qui abriterait ma nouvelle vie d’infirmière. Dans mon poste, je dois assumer des astreintes et il me fallait trouver une maison plus près de l’hôpital. Oui mais voilà les maison des près de l’hôpital sont trop chères pour un salaire d’infirmière en solo, j’ai donc dû trouver un compromis. 

Ça y est, je vis dans ma petite maison du bonheur.

-Parce que ce nouveau poste, il m’a fallu l’appréhender. Ne nous mentons pas, en sortant de l’IFSI, on a acquis des compétences, mais on ne sait pas grand chose. Au bout d’un an et demi, j’ai encore énormément à apprendre!

-Parce que je suis grillée auprès d’une collègue et que c’est compliqué de parler librement dans ces cas là. J’espère si tu me lis que tu garderas ça pour toi.

-Parce qu’en temps que fonctionnaire, on a un devoir de réserve et que je ne sais pas quelles sont les limites de ce devoir. D’ailleurs un grand merci à l’ordre infirmier d’avoir écrit un code déontologie qui laisse un flou artistique sur les infirmières et leur pseudo sur internet.

Il y a plein de raisons qui ont fait que je n’ai pas écrit.

Mais il y a tellement de fois où je me suis dit « ça, il faut que j’en parle » que j’ai décidé de revenir par ici pour vous parlez de mes aventures.

Pour certains qui m’ont suivi et avec lesquels j’avais commencé à discuter, je suis désolée de ne pas avoir répondu à vos messages. Ça m’était compliqué.

Je suis donc Des idées d’Ide, infirmière de bloc opératoire en chirurgie cardiaque, maman de deux enfants. Je vais sur mes 40 ans en juillet et je reviens vous raconter mes histoires d’infirmière.

Et vous? Que devenez-vous depuis un an?

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L’astreinte

Quand j’ai accepté ce bloc cardiaque, on m’avait bien prévenu que c’était un bloc à astreinte.

Avantage : ça permet d’améliorer le salaire de base.

Inconvénients: stress et organisation de vie.

Pour avoir des astreintes, il faut avoir fait un minimum d’instrumentation. Du coup je démarre les astreintes en doublure, pour voir comment ça se passe.

Il y a une nuit par semaine en astreinte et un we par mois, en gros.

Les  déplacements sur astreinte, c’est généralement pour les dissections aortiques, les assistances circulatoires (ECMO) à poser et les greffes cardiaques ou pulmonaires.

Mes collègues me préviennent: « Tu verras, parfois, on t’appelle à 2h du mat en te disant que le patient est massé depuis 20min et tu dois venir en urgence pour une pose d’ECMO. Ça te met un de ces stress!! »

Ok je n’ai pas encore l’appel et je ressens déjà le stress.

Et voilà, la première astreinte qui démarre. Ce sera de 19h à 7h.

19h: je suis chez moi. Mes fils sont chez leur père. Qu’est ce que je peux me faire à manger que je pourrais lâcher en cas d’appel?

19h05: option réchauffage de plat surgelé.

19h06: tu vas voir que je vais démarrer mon plat que je vais être appelée.

19h10: plat englouti.

19h11: c’est con d’avoir mangé si vite. Mal au ventre

19h12: vérification du téléphone. J’ai l’air de capter, c’est bon.

19h13: vérification du téléphone. Est ce que j’ai toutes les barres?

19h14: vérification du téléphone. Je devrais m’appeler avec le fixe pour voir si mon téléphone capte.

19h15: c’est sûr  qu’il captait. C’est con d’avoir tester parce que là pendant un moment  j’ai bloqué et le fixe et le portable alors si on a essayé de me joindre c’était mort.

19h16: vérification du téléphone pour voir si j’ai pas un message.

19h17: il est même pas 19h20 ?? Ça passe lentement. Je ne regarde mon téléphone que à 19h30 maintenant car sinon ça va être long.

19h20: fuck j’ai regardé trop tot.

19h30: j’irai bien me prendre une bonne douche pour me détendre en plus il faudrait que je me lave les cheveux. Oh putain mais si on m’appelle et que j’ai les cheveux mouillés ? Pas de lavage de cheveux. Je vais faire un chignon.

19h31: n’empêche que c’est un peu gras là les cheveux. Fuck en plus demain je travaille à la suite de l’astreinte. Ça se trouve, je ne serais pas appelée et en plus demain j’aurais les cheveux sales.

19h32: c’est cool quand même d’avoir un calot sur les cheveux au bloc.

19h35: vérification du téléphone.

20h: option douche sans lavage de cheveux.

20h02: sous la douche, un appel. « Merde, merde » . essuyage de main. « Salut, comment tu vas Des Idées? Ça fait un bail. » « Je peux pas te parler au tel, je suis d’astreinte. » Raccrochage au nez. Mince, ça faisait un bail que je l’avais pas eu. Je lui enverrai un texto au sec.

20h40: après avoir tergiversé pour savoir savoir si je mettais un pyj ou si je m’habillais en tenue pour partir, je me cale dans mon lit devant la télé en pyjama avec une tenue de prête pour m’habiller en 4eme vitesse.

20h41: vérification du téléphone

20h42: n’empêche que dans ma chambre je ne capte peut être plus très bien.

21h00: j’aime bien ce film. J’espère que je ne vais pas être appelée.

de 21h00 a 22h45: vérification du téléphone toutes les 10 min.

22h45: faudrait que je me couche parce que je me lève tôt au pire si je suis pas appelée.

22h46: extinction des feux – je sens que je vais vite m’endormir, cool.

22h53: bip sur le téléphone « Cher ami, j’espère que prière tout va bien (si si si c’est la vraie phrase du mail)…bla bla ..mon mari est mort et j’ai besoin de vous pour sortir l’argent de l’héritage..bla bla.. » Sérieusement !! Ça marche encore ces conneries ?

23h07: j’ai envie de répondre un jour à ce mail, histoire de faire perdre du temps à ces gens.

23h08: c’est con comme idée, j’en perdrais aussi. Allez essaye de t’endormir.

23h10 : vérification du téléphone

23h22: putain, c’est con, j’étais sur le point de m’endormir avant ce mail.

23h45: la fatigue revient. Je m’endors

01h02: vérification du téléphone  rendormissement

01h45: texto « Salut c’est moi. Je t’écris pour te dire que je pense à toi. » Sérieux ?? Qu’est ce qui lui prend ?? C’est juste un pote pourquoi il m’écrit dans la nuit ??

01h46: « Excuse moi, le texto est parti tout seul. Avec ton prénom qui commence par un  A, forcément, t’es en tête de répertoire. J’espère que je ne t’ai pas réveillée. »

01h47: ne réponds pas sinon ça va te réveiller définitivement.

01h48  » Nan t’inquiète … » J’espère qu’il comprendra l’ironie de ma réponse…

01h49: merde du coup je suis réveillée.

01h52: pourquoi personne ne m’écrit à moi dans la nuit pour me dire que j’hante les rêves?

2h03: et l’autre qui me susurre à l’oreille en plein ébat amoureux qu’il m’aime mais rappelle pas par la suite ? J’en fais quoi de lui ?

2h07: larmichettes sur ma vie amoureuse

2h13: sérieusement il s’attendait à ce que je réponde « moi aussi ! »alors qu’il est froidissime avec moi ? J’ai rien répondu, moi.

2h25: ca se trouve c’est ridicule, il ne m’a pas dit « je t’aime » j’ai mal compris. On dit pas « je t’aime » à une femme à laquelle on n’envoie aucun autre signal d’affection.

2h35: imagine j’aurais répondu « moi aussi je t’aime » et qu’en fait il a juste dit ….qu’est ce qu’il aurait pu dire d’autre en fait ??

2h36: larmichettes

2h53: « j’ai mal » peut être qu’il a dit « j’ai mal » parce qu’il avait un peu mal au dos.

2h54: heureusement, que j’ai rien répondu. Le ridicule de la situation, « j’ai mal  » « Moi aussi je t’aime »

2h55: il a été clair avec moi. C’est juste comme ça. Il veut rien d’autre. Non, il ne t’aime pas. Même si c’est ce qu’il a dit. Il devait penser à quelqu’un d’autre.

2h57: larmichettes.

3h02: vérification du téléphone – endormissement

4h18: mail « Profitez des promotions sur les chaussures… » Et si je leur répondais « Je t’aime » ?

4h32 vérification du téléphone – endormissement

5h09 vérification du téléphone – endormissement

6h00: réveil – quelle nuit de merde !

Habillage, chignon direction le travail.

C’est rude l’astreinte …même quand on n’est pas appelée.

 

 

 

 

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Pince !!!!

J’ai démarré l’instrumentation. Je commençais tout juste à être à l’aise en tant panseuse que je dois démarrer l’instrumentation.

Je commence par le commencement. Préparer la table.
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J’ai beaucoup observé mes collègues préparer leur table. J’ai essayé de poser des questions quels instruments où ? Pourquoi ? Pour quoi faire ?

Il faut s’habiller (je précise pour les non initiés que je ne suis pas à poil, hein? S’habiller signifie mettre une tenue stérile) et apprendre la gestuelle en stérile. Pas de geste brusque, garder ses mains en visu, ne pas toucher ce qui n’est pas stérile.

Ranger les instruments de manière logique et identique afin que n’importe quel collègue puisse prendre le relais sans être perdu.

Vient l’apprentissage du drapping. Habiller le patient endormi en stérile. Lui par contre il est nu.

Installation du bistouri électrique, des aspirations, des palettes internes de défibrillateur, des poignées de Scialytiques, des lignes de CEC (circulation extra corporelle).

« Incision! »

Et voilà que le chirurgien tend la main sur le côté et dit: « Pince! »

Parfois même il tend la main et mime la pince.

Et parfois encore même il tend juste la main mais je dois deviner qu’il veut une pince (ou une compresse)(ou un bistouri)(un truc).

Et la première fois que j’ai entendu « pince » , j’ai fait défiler un catalogue dans ma tête.

Resano ? De Bakey ? De Bakey fine ? Grande de Bakey ? Blanche Plate ? Bleu ronde ? Bleue titane ? Bleue piquante  ?

Il veut quelle  fucking pince ??

J’ai envie de toute les prendre et de lui mettre dans les mains.

Mais heureusement l’expérience, les débrieffing avec les collègues et la réflexion font qu’à chaque fois que j’entends pince, mon catalogue se réduit.

Si on vient d’inciser, la pince que le chir me demande sera une Resano. Et je sens que bientôt je ne serait plus réactive mais pro active (oh bordel j’ai l’impression d’être retournée à la banque en employant ces mots).

Oui ! Bientôt, j’aurai déjà la Resano en main quand il incisera plutôt que d’avoir mon stress en tête.

 

 

 

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