Je n’arrive plus à me projeter infirmière.

Il y a quelques mois, j’avais dit à une copine de promo « Je ne vois pas ce qui ferait que je ne serais pas diplômée en juillet. » J’étais plutôt sûre de moi.

Je savais que je pouvais tomber sur un stage compliqué d’ici la fin de l’année scolaire mais je me disais que je m’accrocherais. Une motivation sans faille.

Et puis mon TFE refusé pour une question de retard. Un putain de mail qui annonçait une heure limite parti dans mes spams.

Passez directement en case rattrapage sans passer par la case première session. Vous ne toucherez pas votre diplôme.

Alors forcément, au mois de mai, j’ai beaucoup déprimé. Ça c’est ressenti en stage. J’avais envie de pleurer toute la journée. Mon stage a été désastreux, j’ai été à deux doigts de devoir repasser un stage de rattrapage. Il s’en est fallu de peu. Un grand moment de négociation.

Les vacances, la reprise à la banque.

Aujourd’hui, je dois rendre mon TFE dans deux jours. Je vais le rendre aujourd’hui pour être sûre de n’avoir aucun retard.

Mais pour être franche, je suis amère. A la fois, j’ai le manque de l’ambiance en service, de l’hôpital, du bloc en particuliers et à la fois d’avoir été absente depuis 5 mois d’un service, je me sens perdue si je devais y retourner aujourd’hui. Et puis, mince, moi je vais avoir mon diplôme entre deux portes quand mes collègues ont eu leur diplôme enroulé dans un discours avec une fête à l’IFSI. J’ai cette sensation amère de ne pas mériter mon diplôme. Et puis il m’a déjà échappé des mains, et s’il m’échappait encore ? Et si je n’étais finalement diplômée qu’en mars 2015 ou pire juillet 2015.
Je revois cette étudiante en troisième année qui revenait présenter son TFE pour la troisième année consécutive.

Là aujourd’hui, je dépose mon TFE mais je n’arrive plus à me projeter infirmière. Du coup, je n’arrive plus à écrire.
J’ai des idées de sujet. Pleins. Mais là aujourd’hui, je ne sais pas si je peux écrire en tant qu’étudiante infirmière, en tant que future infirmière.

J’étais sûre d’être à l’aise avec la pharmaco, avec les gestes techniques, avec les différents processus et mon dernier stage en Soins Intensifs m’a laminée.

Je n’abandonne pas, attention, je vais jusqu’au bout mais je n’arrive plus à me projeter infirmière.

Ça reviendra sans doute avec le diplôme, avec la recherche du premier emploi.

 

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

15 commentaires pour Je n’arrive plus à me projeter infirmière.

  1. Amélie dit :

    Courage… après avoir mis 6 mois l’année dernière pour enfin toucher le métier du bout des doigts, même avec le DE en poche, ça a été dur de se sentir loin des hôpitaux, des soins, des patients… Et plus le temps passe plus on a l’impression qu’on y arrivera jamais, on n’arrive plus à se projeter… et puis vient ce moment où tu es enfin là, à la relève, et tu te dis « c’est moi l’infirmière aujourd’hui, je vais gérer!! »
    Alors bien sur que oui, tu vas l’avoir ton DE, et tu vas réussir à prendre ta première prise de poste comme une chef, comme on l’a toute fait la première fois, avec des doutes et des craintes, mais au final on le fait, et ça marche!
    Plein de courage et ne perds pas confiance en toi, tu as fait le plus dur!

  2. Soline dit :

    Bon courage des idées ! Cette formation est dure, éprouvante et cela jusqu’au bout ( l’ancien ou le nouveau référentiel ). J’ai connu le chômage en pointillé ( petites missions par ci par là ) pendant 6 mois et je me sentais mal à la reprise. J’avais peur de ne plus me projeter infirmière comme toi maintenant. Mais une fois le retour en service, c’est dingue, c’est presque magique, tout revient, les réflexes, les idées, les envies. Je me suis même inscrite au CLUD, je bosse sur des protocoles douleur en service. Bref.
    Je te soutiens à 100%.

  3. emelllyn3 dit :

    Comme je te comprend. Il m’aura fallu 5ans pour avoir ce foutu diplôme. Deux fois des fiesta en juillet, des félicitations amères a prononcée pour mes amies de l’école fraîchement diplômées. Et moi, toujours cette attente, des déceptions a longueur de temps. Et dans un mois maintenant, j’aurai enfin mon rêve au bout des mains. Donc ne lâche rien, je suis la preuve vivante que la persévérance nous fait toujours gagner ! Rapelle toi juste que ces étapes de ta vie, on forger la professionnelle que tu es devenue 😊

  4. Anaïs dit :

    Je te lis et je me revois QQ années en arrière.
    J’aurais du être diplômée en septembre 2007, je l’ai été en mai 2009 après 2 tentatives. J’ai failli tout arrêter mais je me suis accrochée.
    Trop de stress à l’examen et pleins de fautes. La dernière fois mon médecin m’a mis sous lexomil et j’ai eu 52/60.
    J’ai fait de l’intérim pdt 1 an 1/2 puis sur un pool pdt 1an et ça m’a rassuré. Je suis une super infirmièreeeee !!!!

  5. Linoa dit :

    De toute façon même quand tu remporte brillament le pompom quand tu fais tes premiers pas en service toute seule comme une grande ( et dans mon cas j étais intérimaire, donc lâchées avec mon diplome tout frais dans le grand bassin sans les brassard qu aurait représenté d être doublée quelques jours) tu ne sais PLUS RIEN. mon premier soin, je m’en rappelle encore, c’était une dose de clamoxyl sur un enfant de 8 ans. quelques jours avant, c’était mon dernier stage en oncologie pédiatrique et je préparais des médicaments dangereux et hors de prix en stérile sous flux laminaire. J’ai recontrolé mon calcul de dose pour ce clamoxyl à la con 3 fois, j’ai hésité à le faire vérifier par ma collègue et j ai administré en ayant l mpression de presser la gachette d’un fusil…. et après ça passe, et enfin on commence à se faire confiance. C’est comme le permis, c’est pas savoir conduire tant que le mono est à coté de toi prêt à intervenir 😀

  6. Leroy Ducardonnoy dit :

    Courage des idées….! Vous allez le décrocher ce fameux diplome et il ne sera pas de moins bonne qualité que celui des autres…Ce que vous ressentez est normal, tant d’efforts et d’abnégation pour être ajournée sur une erreur de date….Vous allez rebondir d’autant plus haut !
    La profession a tout à gagner en vous accueillant…
    Confraternellement !

  7. maya dit :

    Pour ma part, je devais être diplômée puéricultrice en décembre 2011, après une année de formation qui s était bien passée.
    J ai rendu mon projet professionnel équivalent du tfe en ifsi et mon ex m a largué après 7 ans de bons et loyaux services (il a quand même gentiment attendu que je le rende ^^). Deux jours après je passais ma mise en situation professionnelle que j ai évidemment raté. Encore deux jours après ma soutenance du mémoire que j ai aussi raté.
    J ai du repassé la première épreuve en janvier et la seconde en mars. J ai été officiellement diplômée 5 mois après ma promotion et suis passée à côté du poste qui m attendait déjà et que je voulais absolument.
    J’ai pris mon poste de puéricultrice en onco hémato pédiatrie jour pour jour 1 an après avoir été diplômée faute de poste disponible . Par chance et harcèlement hebdomadaire aupres de la direction j ai pu avoir celui que j attendais. Pendant cette année j ai fais exactement 2 missions en intérim adulte et une en crèche de deux semaines et j ai fais une saison d ete en restautation .Autant te dire que lorsque j ai pris mon poste je n avais pas été en soins relationnels et techniques auprès d enfants. Comme toi j étais paniquée pendant ce temps d attente , déprimée et empreinte d un sentiment d infériorité me pensant incompétente.
    Mais une fois que tu sais que tu vas intégrer un service, que tu vas enfin avoir ton poste sur le terrain et une fois que tu y es…Les choses changent. Tu te ré projet tes en tant que professionnelle de santé. Ce n est pas uniquement le diplôme qui fait de toi une professionnelle c est ce que tu en fais aussi avec ta tête. Je ne cache pas que c était plus dur pour moi au début j avais la sensation de devoir faire mes preuves face à mes collègues arrivés en même temps fraîchement sortis de l école mais ça m a donné d avantage l envie de m imposer et de montrer ce que je vaux. Cette attente n’a pas fait de moi une professionnelle moins bonne que les autres, au contraire j étais encore plus investie. Cela fait maintenant presque 2 ans que j y suis et j ai oublié tout ses sentiments négatifs qui avaient réussi à me faire douter que j étais faite pour cette profession que j avais choisi avec conviction .
    Ne perds pas espoir et persévère. Tout vient à point à qui sait attendre… bonne journée

  8. luluentongs dit :

    Je suis diplômée depuis 9 ans et je peux te dire une chose… Les remises en question feront partie de ta pratique, tout au long de ta carrière et c’est peut-être tant mieux… On ne travaille pas avec des objets, mais avec de vraies personnes, on a des responsabilités. Mais comme dit plus haut, il y a l’école qui t’apprend beaucoup de choses; les cours, les stages… Et puis tout ce que tu vas découvrir et apprendre « sur le tas ». Effectivement, même diplômé du 1er coup et major de promo, on ne sait pas tout quand on débute, souvent on a même l’impression de ne plus rien savoir ! Pour ma part, mon 1er soin en tant qu’IDE était de préparer un simple perfalgan… Et je ne savais plus le faire, aussi simple soit-il ! Et puis tu verras, une fois IDE, plus personne ne te demandera si tu as eu ou non ton DE du 1er coup et quelles étaient tes notes… On s’en fout ! Donc respire un grand coup… et bon courage pour la fin.

  9. Moebius dit :

    Comme je te comprends… Je devais aussi être diplômée en juillet. Tout se passait « bien », avec des hauts et des bas quoi. Rien n’est jamais parfait. Et puis en fin d’avant dernier stage tout a basculé dans ma sphère. A la suite d’une banale prise de sang pour le gynéco, je passe de la peau d’étudiante surmenée à diabétique type 1…. « Ha mais mademoiselle vous devez être hospitalisée, vous ne vous rendez pas compte avec le taux d’acétone que vous avez, vous devriez être dans le coma! » (ironie du sort j’étais en stage en réanimation polyvalente, au pire j’étais sur place, mais passons!). « C’est vous qui ne réalisez pas, ok je finis en réa, mais je reprends les cours lundi, si je suis absente sur les travaux de groupe je ne suis plus présentable au diplôme! » ( avec le recul, je me dis que le sens des priorités me fait parfois défaut), Après négociation, je suis hospitalisée, mais autorisée à me rendre à l’ifsi, qui heureusement pour moi est sur le site de l’hopital. Première injection d’insuline, première hypoglycémie et surtout première grosse claque dans la gueule : en hypo ou en normoglycémie je suis molle, incapable de me concentrée, de comprendre ce qu’on me dit, de retenir les informations… Mon cerveau était tellement habitué à baigner dans le sucre qu’il agissait comme en « manque ».
    Je n’avais pas fini mon TFE, mais le seul sujet qui m’obsédait était le diabète. Je devais préparer mon déménagement, finir les travaux dans la maison pour l’emménagement (et pas des petits). Je devais aussi rejoindre mon compagnon a son deuxième domicile(celui du travail) à 500 km de chez moi, j’y avais décroché un stage, mais je ne connaissais ni la ville, ni l’établissement… Et dans le même temps, ma mère m’annonce qu’elle a un cancer du sein, et ma fille semble de plus en plus sur le fil sur son campus. Je suis loin je ne peux pas être présente…
    Bref, une catastrophe… Je me suis retrouvée isolée avec mes problèmes, incapables de réagir. J’ai réussi à finir mon TFE presque par miracle, mais le stage c’est mal passé. Des hypos en permanences, l’impossibilité de surveiller sa glycémie durant le tour, le sentiment de culpabilité de ne pas être près de ma mère, de ma fille… Bref, la merde!
    Au final, j’ai tout validé, sauf le stage pré-pro… Malgré mon parcours quasi sans faute, aucune indulgence sur les circonstances… Je l’ai ressenti comme une trahison, je me suis sentie minable… « Vous êtes le maillon faible! Au revoir! »
    J’ai commencé un stage de rattrappage trois jours après mais voilà… « Ha tu es en stage de rattrappage, qu’est ce qui s’est passé? » Et là, tu essaies d’expliquer et tu fonds en larmes… Tu es toujours aussi fatiguée car tu as tout donner au dernier stage et que tu as déménagé entre temps. Et là, tu sais ce qu’est le BURN-OUT… On finit par te dire : « Il serait temps que tu te sortes les doigts du cul! » et c’est la goutte d’eau : « Bonjour Mme la directrice, je souhaiterais demander un report d’année! »
    Depuis je vais mieux, je me remets doucement, mais je ne sais plus ce que je veux faire de ma couenne… J’ai peur de retravailler… Et si je n’étais plus capable d’assurer en tant qu’aide-soignante, il me resterait quoi? Et puis, il y a des jours où je ne me vois pas faire autre chose qu’infirmière, et d’autres où je me dis que si la profession ne veut pas de moi c’est peut être mieux ainsi…
    C’est vrai, je n’arrive plus à me définir, mais je sais une chose pour lire tes articles depuis le début : « Tu es une infirmière! ». Diplômée ou non, tu es déjà une infirmière. Et je suis certaine que tu valideras haut la main le TFE. En tout cas, si tu devais me prendre en soin un jour, j’aurais une totale confiance 🙂
    Tache de prendre soin de toi et ne fais pas la même erreur que moi : ne laisse pas la peur dicter ta vie!

  10. Courage tu vas y arriver !
    Pour la petite fête, consoles-toi : on devait nous donner en grande pompe notre grade licence, ça ne s’est jamais fait… La promo 2012 encore sur le carreau…

  11. Thomas dit :

    Courage, ce n’est qu’un contre-temps. A travers votre site, nous comprenons votre vocation et vous serez vite une infirmière, une excellente même !

  12. lu dit :

    Une grosse pensée pour toi et ce mois de novembre si important.

    Un stage en soins intensifs c toujours très formateur. Tu t’es remise en question c normal.
    Tu seras une bonne infirmière. Les bonnes infirmières doutent et le doute, c une chose saine.

    Bon courage. Et je veux ce post avec le diplôme . Vite!

  13. naloharia dit :

    J’ai lu tous tes articles! Tu es au top, continue comme ça ne te décourage pas. Tu as réussi toute ta formation n’abandonne pas à la fin.

  14. Lilou dit :

    Bonjour à tous

    Je suis moi aussi dans une situation difficile.
    Je devais être diplômée en juillet 2016, ma formation se passe bien , je fais un premier stage en HAD ( mon premier stage de 3eme année)… mais voilà fin novembre 2015, j’ai un accident, alors que je traverse sur un passage piéton, une voiture me percute .. depuis pas de souvenirs, des multiples fractures et contusions, deux opérations , hospitalisations mais surtout des mois de rééducation… j ai malgré tout convaincu ( avec du mal ) mon ifsi pour passe mes partiels et mon mémoire et j ai réussi à tous valide.. mais voilà cette année je fais que des stages pour obtenir mon DE en mars 2017.
    Mon premier stage de 4 semaines, je l ai mal vécu, beaucoup de stresse, la boule au ventre , toujours envie de pleurer … j ai vraiment l impression que je ne veux plus faire infirmière et que je ne suis pas faite pour les soins.. pourtant j ai valider toutes les compétences sur ce stage. Le milieu me dégoûte , alors qu’avant ce n étais pas ca du tout …j en viens même à me dire qu’une fois diplômée, je vais postuler en crèche car c est un stage que j avsi enormament aimer … même si je sais que les places sont restreinte

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s