Je crois que nous avons affaire à un serial piqueur !

J’ai suivi quelque jours un infirmier que je qualifierais de cow-boy. Un super technicien.

« Moi aux urges, tu sais, je posais des cathlons orange sur les pieds. » « Moi aux urges, je n’ai jamais fait de 4 temps pour la pose de cathé, deux coups de beta dermique et tu piques. » « Bon Des idées, moi je pique sans gants parce qu’aux urges, j’ai toujours piqué sans gants mais toi tu les mets. » etc.. du coup techniquement j’ai beaucoup appris. En plus, super cool, il m’encourageait et me laissait faire les soins tranquille…En sortant de la chambre il me disait ce qui pouvait être amélioré. Pourtant, il ne me paraissait pas sympa. Il avait l’air de toujours vouloir se la raconter avec son expérience aux urges. ( Bon il faut avouer qu’il est fier de son expérience). Et puis il me pose plein de question. Quand je dis qu’un patient part pour un PET Scan, il me dit :  » ok, et tu vas me dire à quoi ça sert un PET scan? » Le soir: google: PET scan …

Mais là du coup, je tombe sur une infirmière, qui pourtant avait l’air super sympa, mais qui ne me laisse pas faire grand chose. Et si je pose une question, c’est que je ne sais pas faire selon elle, donc elle fait à ma place.  » Quoi ? tu ne prends pas de gants pour faire une glycémie capillaire ??? bon, bah, laisse alors regarde comment je fais. » Et elle le fait…sans gant, évidemment.  » Oui mais moi j’ai mon DE, alors je peux. »   » Tu me demandes si je pense que cette veine est pas mal ? Bon, laisse, je le fais. »  » Ce patient à 90% de sat ? Tu es sûre que tu sais prendre une  sat ? Attends, je recommence pour voir. Ah oui 90%. » Bien évidemment toujours devant le patient, c’est plus fun.

Hier, en plus de l’IDE qui me reprends pour absolument tout, j’ai en plus eu le droit à l’AS qui veut absolument me faire faire un lit au carré. J’y arrive pas. Je ne comprends toujours pas comment on fait une « pointe ».  » Mais si, là, tu mets ta pointe sur le dessus du lit ensuite avec l’autre main tu plaques le drap sous le matelas et tu rabats la pointe, tu comprends? » Moi :  » Oui bien sur, quand même, je sais faire un lit. » Mais non en fait, je ne sais pas.

Alors mon serial piqueur qui me pose 3000 questions à la seconde sur mes connaissances scientifiques et qui se la pète, en fait, je l’aime. Même si, de prime abord, on peut croire qu’il essaye de piéger en fait, il m’apprend beaucoup.

Pour ceux qui sont en train de se demander si dans le titre je n’aurais pas fait une faute: on dit bien avoir affaire et pas avoir à faire … j’ai moi même vérifier tellement le doute m’était insoutenable : http://www.neoscript.fr/astuces-de-la-langue-francaise/154-avoir-affaire-ou-avoir-a-faire-.html

 

 

 

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11 commentaires pour Je crois que nous avons affaire à un serial piqueur !

  1. Véronique dit :

    J’en connais une comme ça, une diplômée 2011 pour qui tout est prétexte à questions et qui distille une quantité astronomique d’infos (excellentes) avec le sourire (pourtant son piercing mouvant m’agace bcp). Vertigineuse, un bonheur pour les étudiants (à mon avis). Quant à l’autre, je trouve que c’est un modèle assez fréquent, souvent associé à beaucoup de soupirs, d’yeux levés au ciel et de « ces élèves, elles/ils ne savent RIEN faire, faut toujours être derrière, c’est épuisant, on perd un temps fou, et le portfolio, j’y comprend rien, on y passe 1h30 à chaque fois, ahlàlà, etc… »
    J’avoue n’avoir jamais songé qu’on puisse imaginer écrire « avoir affaire » d’une autre façon. Je dois être trop littéraire…
    Les lits? euh, non… après 3 ans d’études + 23 ans de DE,, mes lits « au carré » sont toujours « au polyèdre » mais c’est vrai que sur un matelas à air, c’est recommandé d’être lâche, voire laxiste, sur les extrémités des draps!

  2. Bah, ta pointe ressemblera toujours à quelque chose même si elle répugne les esprits conformistes-psycho-rigides (j’aime bien employer ce terme). Car, après tout, il est souhaitable d’avoir un bon diagnostic et une bonne technicité dans des soins autrement plus compliqués que de s’arrêter à un lit qui de toute manière ne ressemblera plus à rien 5 mn après l’avoir fait parce que ton patient boulègue dans tout les sens. Quant à la manière d’instruire, il existe bien peu de personne capable d’instiller leur savoir faire, leur astuce, leur technique avec toute l’humilité et les exigences que cela implique. L’important , je dirai même l’essentiel c’est que tu gardes foi en toi, le reste n’est que futilités, broutilles et conneries

  3. Marie dit :

    Je dois avouer que j’aime ton serial piqueur, parce que je suis du genre boulimique d’info…
    Moi le genre que je ne supporte pas c’est « tu ne poses pas des tonnes de questions sur tout donc tu ne t’intéresses pas », bah si, sauf que déjà j’ai un minimum de connaissances et quand vraiment je ne connais pas une patho/un exam je fais comme toi: google le soir! Perso j’apprends mieux quand je me prend le choux seule pendant 1h…

    (Et celle qui est censée t’encadrer sur un soin et qui finalement fait tout, je l’ai en ce moment aussi ^^)

    • c’est relou, même sur les glycémies, je pique le doigt et elle prend la main à ma place pour appuyer pour faire la goutte…..Comme je m’y attendais pas, on a étalé le sang partout, il a fallu repiquer.

  4. Peewai dit :

    Yo !
    J’aime bien ce billet… Comme les précédents…
    Et j’aime bien la précision linguistique finale. C’est aussi le genre de détail sur lesquels je passe du temps.
    C’est pour ça que je suis un peu déçu de l’ensemble de la syntaxe de ce joli billet, malheureusement chargé en coquilles et en fautes…
    Je ne le dis pas méchamment. Je sais que tu as dû écrire ça à toute vitesse entre deux révisions avant de préparer le repas pour ta petite famille. Mais faire une précision linguistique tout en écrivant des coquilles à tout va, ça fait un peu désordre. Une petite relecture aurait certainement pallié ce petit défaut.
    Et puis, tu sais ce qu’on dit : qui aime bien châtie bien. 😉
    Biz
    PY

  5. Nicolas dit :

    Ah tiens, ca me fait penser à une action qui s’est déroulée ce midi. je suis étudiant IDE en deuxième année dans un service de chirurgie. Juste avant les transmissions, une patiente de l’autre secteur sonne. Personne ne bouge, j’attends 1mn, j’y vais. Je ne connais pas bien les patients de l’autre secteur surtout que cette dame est arrivée la veille au soir. A première vue, elle est très âgée et obèse. Elle me dit qu’elle veut aller aux toilettes et qu’elle rentre à domicile dans l’après midi mais qu’elle ne peut pas se tenir debout. Cette dame a l’air cohérente, je décide donc de la mettre sur une chaise pot et après, de la conduire au dessus des toilettes ; l’infirmière du secteur arrive au moment du transfert et me donne un coup de main. Je laisse la patiente et sort de la chambre en lui disant que je reviens dans 2 mn. (ca me laisse le temps de me laver les mains car pendant le transfert, la mamie a eu quelques fuites et je n’avais pas de gants…)

    Avant de retourner dans la chambre, je décide d’appeler du renfort pour ne pas me « bousiller » le dos. Je demande à une IDE, elle est occupée ; je me replis sur une AS, elle ne veut plus bouger, elle est déjà en week-end… Je demande alors à l’étudiante AS. Elle est ok. On est dans le couloir quand j’entends derrière moi une autre AS qui me dit : « je ne veux pas voir 2 étudiants en même temps sur le même patient ». Je suis surpris ; ne suis-je pas en deuxième année? N’ai-je pas l’équivalence AS? Ne suis-je pas capable de régler ce problème seul (avec l’étudiante)? Ne suis-je pas capable d’encadrer l’étudiante AS sur un soin à ma portée?

    Je réplique : « ben, si tu veux nous donner un coup de main, tu es la bienvenue ».
    Au final, mécontente, elle décide de prendre les choses en main avec l’étudiante et m’exclut complétement de la situation. J’ai compris, elle s’est vexée ; j’étais de trop.

    Une fois la patiente recouchée, elle nous regarde et nous dit: « vous êtes tous sympathiques, vous faites un travail formidable et vous, jeune homme, vous êtes très gentil, heureusement que vous étiez là car les filles n’auraient jamais pu arriver à me porter…

    Je vous laisse imaginer dans quel état de rage était ma collègue AS. Une fois sortie de la chambre, elle me dit: « Comme d’habitude, on remercie toujours ceux qui en font le moins mais c’est pas étonnant, t’es un mec… »

    Note à moi même, pour plus tard : fais attention à cette misandre, elle ne te fais pas confiance et a une mauvaise opinion de toi…

    La journée s’est bien terminée, je suis en week-end…

    • Hey mais bonne ambiance. Les étudiants qui se bougent sont pénibles parce qu’ils en font trop. Les étudiants qui ne font que suivre sont pénibles parce qu’il n’en font pas assez et les étudiants qui s’en tiennent ce qu’ils doivent faire, pourraient quand en faire un peu plus.
      Je propose que les râleurs se réunissent, se trouvent un accord commun sur l’attitude attendue des étudiants en soins infirmiers. En attendant le consensus, qu’ils nous forment en gentillesse.
      Niolas, profite de ton week end moi je suis de soir samedi, dimanche !

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