Une de ces journées comme je ne les aime pas…

Une bonne journée de merde pour moi.

J’arrive à 6h30, je devrais faire deux toilettes avant d’enchainer avec l’infirmière à 7h30. Mais voilà on commence réellement à 6h50, le temps de faire les trans, de préparer le chariot etc…J’arrive juste à faire une toilette d’une résidente et poser bandes Biflex d’une autre et il est 7h25. Si je me lance dans une autre toilette, je rate les insulines. Du coup je dis à une des AS que je n’aurai pas le temps de faire une autre toilette.  » EH bien, heureusement qu’on ne compte pas sur toi. Il faut que tu ailles plus vite. J’ai déjà fait 3 toilettes en changeant les draps de Mme Truc en plus. »

Je vais voir alors l’infirmière qui vient juste d’arriver. Je ne la connais pas car elle était en arrêt maladie la semaine dernière. Quand je lui dis que je la suivrais aujourd’hui elle me dit d’un air maussade: « Youpi » avec la tête de Droppy. Ok, donc elle m’adore déjà.

Elle se tourne vers l’ordinateur et me demande en quelle année je suis : « Première année ! » Regard dépité par dessus les lunettes.

Elle:  » Et ton premier stage c’était où ? »

Moi avec un air hyper enjoué :  » En crèche ! »

Regard dépité par dessus des lunettes.

Comme elle n’était pas là la semaine dernière, je lui annonce  le départ aux urgences de M Jean NAIPAPOURLONTAN, et d’une résidente qui avait était accueillie la semaine dernière ainsi que la mort de Mme Avécé ( vous savez la deuxième a être partie aux urgences la semaine dernière.)

Elle:  » Et la mort tu vis ça comment ? »

Moi: « Je n’ai pas vraiment vécu de décès de personnes très proches mais bon en m’inscrivant au concours infirmiers, je me doutais bien que j’allais y être confronté. J’y ai réfléchi. On verra bien.  »

Regard dépité par dessus les lunettes.

Elle: « tu crois être prête simplement parce que tu y as réfléchis. »

Moi: « Euh non, j’ai dit on verra bien quand ça se présentera. »

Elle: Regard dépité par dessus les lunettes. Moi: Regard implorant vers la pendule, il est 7h45, la journée sera longue.

On fait les insulines, ça se passe à peu près bien. Elle me montre les prises de sang, j’avoue qu’elle m’explique bien. Elle devient presque agréable. Puis disparait pendant 20 minutes. Pendant ce temps je continue la distribution des médicaments. Je la vois dans l’office, je la rejoins donc. Elle est conversation avec une autre infirmière,  je dis bonjour à l’autre infirmière avec un grand sourire parce que je suis hyper souriante. Deux regard dépités vers moi. Je garde mon sourire (mais un peu figé) et sors de l’office. Regard implorant vers l’horloge, il est 10h00. On fait les pansements. Elle ne fait pas du tout comme les autres. Du coup, je pose des questions. Regard dépité. Je pose des questions sur des traitements auxquelles elles ne peut pas répondre. Regard dépité. Je me propose de préparer la mallette des veilleurs de nuit. Regard dépité :  » Je l’ai déjà fait. » Je sais donc où elle était pendant 20 minutes tout à l’heure. Regard implorant vers l’horloge, il est 11h30. ça va être long mais je vois le bout.

On fait les médicaments de midi. Je me trompe de traitement pour une patiente. Étonnamment : regard plein d’empathie. « On passe toutes par là, t’inquiète pas. Tu as bien fait de me le dire immédiatement et tu préviendras le médecin. » J’ai le droit à quelques regards compatissants ( donner du potassium à une mamie qui a des problèmes cardiaques, ça me fout un peu les boules) Regard implorant vers l’horloge, il est 12h30.

Voilà, voilà. En salle, elles n’ont pas besoin de nous. On a fait les trans. Je nettoie les chariots. Regard implorant vers l’horloge, il est 12h35. Pffff. Elle est sur l’ordinateur. Grand silence. Regard dépité par dessus les lunettes :  » Tu me posais des questions sur les traitements : tiens,  prends le VIDAL. » Je regarde les traitements ( et surtout le traitement que j’ai donné à la mauvaise mamie.) Regard implorant vers l’horloge, il est 12h40. Comment je vais faire pour passer le temps face à quelqu’un qui ne veut pas me parler jusque 13h15 ?

Regard implorant vers l’horloge, il est 13h15. Enfin. Petit coup d’oeil sur la planning…Elle sera là pendant 3 jours….You know what ? I’m happy…

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16 commentaires pour Une de ces journées comme je ne les aime pas…

  1. Mélissa dit :

    Bon courage! ce n’est pas évident, ça ma rappel certains stages! Que du bonheur après! allez 3 ans ça passe vite! 🙂

    Sur ce je file au boulot!

  2. audeavf dit :

    Ralala que c’est bon de se sentir apprécier dans un stage. Dans mon stage de 1ere année en HEPAD aussi on avait un infirmier un peu spécial qui me parlait mal et qui était asser spécial. Le voyant toujours déconner avec les AS je me suis mis à faire la même chose avec lui… et çà à marcher!!! Ensuite çà à rouler comme sur des roulettes avec lui mais bon çà prend du temps et de l’observation tel une lionne en chasse ^^

  3. Emelyne dit :

    Comme je peux te comprendre. Deuxième année depuis septembre, quand tu arrive en stage en réanimation et qu’on fait le compte des stages que tu a fait :
    – crèche
    – long séjour
    – chirurgie
    – psychiatrie
    La sensation tellement connue d’être une sous m*rde à toujours demandé de remplir correctement ton portfolio : )
    Courage en tout cas, on est tous dans la même galère et dans trois ans, tu fera ce que tu aime !

    • Aujourd’hui c’est vraiment ça ! Sensation d’être une sous merde. Demain je serai peut être sur-merde.

      • Illina dit :

        Coucou… Allez des-idees-d-ide, smile… même si c’est difficile. Garde en tête que tu es étudiante et que tu es là pour apprendre. Je trouve les remarques qu’on t’a faites aberrantes… Enfin, passons (ou pas). Essaie de te concentrer sur les points positifs (si, si, y’en a forcément… rien que les bons moments avec les résidents, ça rebooste !) et puis… continue à poser des questions ;o). Courage, courage… A très vite.

      • Heureusement il y a les résidents et quelques AS.
        Je continue à me montrer volontaire et à m’intéresser.
        et ça ne me démoralise pas.

  4. Sasss dit :

    Si ca se trouve, étudiantes de maintenant, nous serons comme ça dans quelques années… blasées… Espérons que non, ca me fait un peu peur mais heureusement tout le monde n’est pas comme ca et je me dit qu’il y a des infirmières qui aiment toujours leur métier après plusieurs années! (enfin jespere!!!!)

    • Mais c’est justement l’objet d’un billet en cours. J’y réfléchis. Forcément, toutes ces infirmières dont on parle et qui sont désagréables ont forcément à un moment été dans l’objectif de faire bien à un moment ou un autre. Et il y a forcément quelque chose qui transforme l’infirmière qui a des idéaux de bien faire en infirmière acariâtre.

      • Sasss dit :

        Cool un billet sur les infirmières heureuses!! Ca va remonter le moral!!

  5. Audrey dit :

    Alors comment c’était aujourd’hui ?

  6. Ping : La transformation | ideeide

  7. Ping : Je kiffe mon stage ! | ideeide

  8. Malheureusement c’est connu ; la première année, on est prises pour des merdes et il faut l’accepter, passer au-dessus et ne pas jouer à la plus maligne. Bien heureusement, ça ne dure pas. Puis parfois, comme tu l’as vu, les infirmières peuvent être très sympa avec les étudiantes de 1ère 🙂

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